Manuel de Transition – de la dépendance au pétrole à la résilience locale

Rob Hopkins

Extraits du livre en vue de la présentation du 5 avril :

Deuxième partie : Le coeur

Pourquoi il est déterminant d’avoir une vision positive

Les environnementalistes tentent trop souvent de pousser les gens à l’action en les effrayant à l’aide de visions apocalyptiques de l’avenir. La question que pose cette partie du livre est: « Qu’arriverait-il si nous abordions la question par l’autre bout, en illustrant une vision de l’avenir si attrayante que les gens se sentiraient instinctivement attirés par elle? »

Chapitre 5
Comment le pic pétrolier et le chaos climatique nous affectent-ils? Le syndrome de stress postpétrolier

  • mains moites, nausées et légères palpitations
  • sensation de confusion et d’irréalité
  • foi irrationnelle en des solutions irréalistes
  • peur
  • poussée de nihilisme (ça ne sert à rien) ou de survivance (trouver des solutions d’autarcie individuelle) : La croyance que l’on peut exister et prospérer indépendamment des communautés locales est un douteux « bienfait » de l’âge du pétrole bon marché. Nous devrons réapprendre à nous rencontrer et à nous saluer les uns les autres de même qu’à communiquer et à coopérer.
  • déni
  • fol optimisme
  • doigt accusateur

Chapitre 6
Comprendre la psychologie du changement

Les sociétés industrialisées sont « accros » au pétrole d’une façon qui ressemble beaucoup à la dépendance. Lorsque les gens acceptent qu’ils sont victimes d’une dépendance, ils peuvent se pencher sur la question et apprendre des stratégies pour la combattre. Le changement ne se produit pas d’un seul coup mais plutôt par degrés ou par étapes. Mieux les comprendre permet de repérer plus facilement ce qui bloque le changement:

  • précontemplation (pris de conscience de la nécessité de changer)
  • contemplation (examen du pour et du contre et motivation grandissante)
  • préparation (organisation et préparatifs)
  • action (réalisation et actualisation du plan)
  • achèvement
  • consolidation (intégration du changement dans sa vie quotidienne) ou rechute

Une idée répandue dans les campagnes environnementales est que si les gens apprennent à quel point la situation est grave, ils changeront. C’est pourquoi beaucoup de ces campagnes se concentrent sur la diffusion d’informations, souvent avec des images choc et des récits effrayants. Sensibiliser le public est d’une importance cruciale - mais il suffit de regarder un paquet de cigarettes pour en voir les limites.

Il y a une résistance massive à s’attaquer aux défis environnementaux et nous devons être plus imaginatifs pour y faire face.

(Réflexion personnelle: vouloir changer les autres ou leur proposer une alternative si attractive qu’ils changent sans se rendre compte?)

Si quelqu’un reconnaît que l’usage qu’il faut d’une substance menace sa vie, cela suffit dans des circonstances normales à susciter l’envie de changer. Mais si la personne est dépendante de la substance, l’idée d’arrêter ou tout simplement de diminuer est perçue comme menaçante. Cette personne peut alors rejeter les informations disant que sa substance préférée est dangereuse ou continuer de l’utiliser tout en sachant qu’elle peut la tuer.

On considère habituellement les changements climatiques comme un enjeu environnemental, alors que le pic pétrolier est plutôt vu comme un problème de ressources : les deux semblent découler de causes lointaines sur lesquelles nous avons peu de prise. Mais la dépendance au pétrole est un comportement humain; c’est à notre portée de la changer.

Un conflit peut se développer entre la partie de nous qui voit la nécessité d’un changement et la partie habituée à la consommation et qui ne veut pas s’en passer. Pensez seulement à toutes les choses que vous appréciez dans votre vie et que vous n’auriez pas sans pétrole. Il y en a tant! Elles sont autant de freins qui ralentissent le passage à l’action.

« entrevues sur la motivation » – pour gérer ces sentiments contradictoires en offrant un espace où chacun peut exprimer à la fois ses inquiétudes et ses résistances.

Les campagnes environnementales ont tendance à se concentrer sur la sensibilisation et l’action. Mais entre les deux, il existe une série d’étapes intérieures et chacune d’entre elles peut bloquer le processus de changement. Les Initiatives de Transition sont d’autant plus fortes qu’elles prennent en compte les dimensions extérieures et intérieures du changement.

Le modèle FRAMES

  • annonce du niveau de risque
  • emphase sur la responsabilité de chacun de s’engager dans le changement
  • conseil clair de changer
  • diversité d’options
  • empathie dans l’accompagnement thérapeutique
  • renforcement de l’efficience personnelle ou de l’optimisme

Chapitre 7
Comment exploiter la puissance d’une vision positive

C’est une chose de faire campagne contre le changement climatique et une autre de présenter une vision irrésistible et attachante du monde de l’après carbone, qui donne aux autres envie d’y aller. Les écologistes ont souvent commis la faute d’offrir aux gens une image mentale des destinations de vacances les moins désirables – et d’attendre d’eux qu’ils s’enthousiasment à l’idée de ne PAS s’y rendre.

Quand nous commençons à travailler sur la descente énergétique, nous devrions chercher à attirer des romanciers, des poètes, des artistes et des conteurs. Il existe une publication qui « contient des nouvelles imaginaires concernant des évènements ou des innovations qui n’ont pas encore eu lieu, mais dont moi et d’autres aimerions qu’ils aient lieu, écrits comme s’ils avait eu lieu. A la fin de chaque article, je place  le nom d’un contact que les lecteurs peuvent appeler pour transformer cette histoire en réalité ».

Notre espèce, puisqu’elle a fait preuve de la créativité, de l’adaptabilité et de l’habileté manuelle nécessaires pour créer l’âge du pétrole, devrait y survivre par les mêmes moyens.

Chapitre 8
Une vision pour 2030 : retour sur la Transition

Jetons un coup d’oeil sur les 20 années antérieures du point de vue de quelqu’un vivant en 2030 :

  • alimentation et agriculture
  • médecine et santé
  • éducation
  • économie
  • transport
  • énergie
  • habitation

(Malheureusement ce style « faits historiques » ne me corresponds pas, j’aurais préféré un texte de science-fiction à propos de la vie en 2030 ou le récit des rêves pour un monde meilleur. Je suis incapable de faire une synthèse utile de ce chapitre, est-ce que quelqu’un d’autre veut la faire à ma place?)

Chapitre 9
Kinsale, une première tentative de visualisation par la communauté

En septembre 2004, l’idée surgit d’un projet pour les étudiants de deuxième année en permaculture, qui se proposaient d’explorer les voies par lesquelles la ville de Kinsale pourrait réussir à effectuer la transition vers un avenir consommant moins d’énergie. Le PADE (plan d’action de descente énergétique) a été élaboré en tant que mémoire de fin d’étude.

Quatre leçons du projet Kinsale :

  1. Eviter le piège du « eux et nous » – le projet a toujours été mené dans un esprit inclusif et ouvert. Le cours « la viabilité en pratique » a attiré dès ses débuts une grandes variété de gens qui ont aidé à répandre ses concepts dans toute la ville. Les membres du Conseil municipal et d’autres piliers de la communauté furent invités à la journée Forum ouvert de même qu’au congrès.
  2. Créer l’impression que quelque chose est en train de se passer – réputation pour s’occuper concrètement de problèmes dont l’importance apparaît plus tangible que celle du pic pétrolier (déchets, utilité publique). Plus il sera possible de susciter l’impression que quelque chose d’important, de positif et de dynamique est en train de se produire, moins votre travail rencontrera de friction et de résistance. Communiquer que ce « quelque chose » est profondément significatif et transformateur, comportant un élément de magie et une étincelle de merveilleux.
  3. Susciter la vision d’un avenir d’abondance – l’évènement Forum ouvert a donné à la communauté la permission de rêver. Les gens sont retournés chez eux enthousiasmés à l’idée de ce que l’avenir pouvait devenir et par le sentiment d’avoir fait la connaissance d’une famille spirituelle, au sein de laquelle ils pouvaient créer cet avenir.
  4. Concevoir avec souplesse – partir toujours du présupposé qu’on se trompe. Inscrire cette approche dans le processus nous laisse ouvert aux ré-évaluations à toutes les étapes. Le PADE ne devrait pas être coulé dans le béton, mais être plutôt une collection d’idées à retravailler et à réviser régulièrement.

Le processus a besoin d’une résilience qui lui soit constitutive, permettant à toute personne de s’en retirer sans affecter le projet.

Résumé de la deuxième partie

« Une vision sans action n’est qu’un rêve; de l’action sans vision ne fait que passer le temps; la vision conjuguée à l’action peut changer le monde » (Joel Barker)

   
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