11 décembre 2018

La Transition

Le mouvement de Transition en quelques mots

But du mouvement

mouvement social planétaire se composant d’hommes et de femmes qui se prennent en charge pour réorganiser leur lieu de vie (village, ville, quartier, île, zone rurale, …) afin d’accroître sa résilience, càd. sa capacité à accuser le choc et à tenir debout en cas de pénurie de pétrole ou de nourriture.

Ils agissent sans attendre l’impulsion des pouvoirs publics locaux, mais avec l’objectif de les intégrer à leur démarche

Définition de la résilience

Capacité d’un collectif à absorber, s’adapter après un choc aux nouvelles circonstances

Objectifs

La résilience permet de vivre mieux grâce à une décroissance de la consommation d’énergie et de matières et, du coup, des émissions de gaz à effet de serre

Dans une autre vision de l’avenir, tous les choix collectifs et toutes les actions à mener sont orientés vers un « plan de descente énergétique » (Pade)

Afin d’accroître sa résilience, chercher à relocaliser le plus possible les circuits de production et de consommation, et donc d’emploi

Acquérir les qualifications qui deviendront nécessaires

Lignes de blocages

Il existe 3 lignes de blocage dans la culture et la gouvernance globale :

  • Au sommet, à l’incapacité des États-nations à impulser le changement de cap
  • A la base, au consumérisme des masses
  • Entre deux, aux démarches certes vertueuses, mais fatalement partielles des collectivités territoriales
Parmi ces 3 niveaux, les territoires ont une réelle marge de manœuvre et offrent de réelles perspectives pour faire émerger sans tarder une autre culture de l’énergie

Pistes

Il existe 3 pistes pour changer la dynamique des territoires :
 
  • l’exemplarité des pouvoirs publics doit d’abord s’exercer sur le patrimoine public, afin de créer des précédents et d’induire un effet d’entraînement
  • l’élaboration d’un horizon qui motive la population à accomplir les mutations nécessaires pour s’y rendre (= changer de fiction)
  • la mise sur pied de dispositifs qui incluent les acteurs sociaux, citoyens et usagers, surtout s’ils ont des propositions constructives à faire, afin de trouver de véritables solutions avec eux

Plan, stratégie & méthode

Il est nécessaire de disposer d’un plan, d’une stratégie, d’une méthode

Il y a deux tendances dans la mise en application :

  • La plus courante : mettre en réseau et à fédérer des initiatives déjà existantes pour leur donner une cohérence et une vision globale
  • Actions pratiques, souvent autour de la terre et de l’alimentation

Importance des actions visibles et concrètes

  • Noyau de personnes, ayant pris la mesure de la gravité de la crise énergétique et climatique, rassemblant leurs forces et leurs compétences
  • 1ère tâche du noyau de personnes : élargir le cercle de celles et ceux qui s’engagent au niveau local. Le défi de la transition nécessite la participation de toute la société : tous les secteurs et acteurs sociaux, associations, organisations professionnelles, administrations, enfants, actifs et retraités dans tous les domaines : énergie, économie, santé, éducation, immobilier, tourisme, agriculture, …
  • Le microcosme du grp de pilotage est essentiel pour le macrocosme qu’est le mouvement (exemplarité, donner espoir et vie à la vision)
  • Accompagner le public pour éviter les réactions de déni ou d’accablement qui guettent quiconque prend conscience de la gravité de la situation (notamment menaces énergétiques et climatiques), qui plombe l’avenir d’une humanité qui fait toujours comme si de rien n’était et tarde ainsi beaucoup trop à changer de trajectoire
  • Offrir des espaces rassurants où chacun peut exprimer ses craintes, assumer ses peurs et coconstruire une vision alternative enthousiasmante de l’avenir. L’élaboration d’une telle vision positive est au cœur du Pade, qui prévoit une série d’actions sur 20 ans pour y parvenir
  • Intérêt du travail des groupes « Cœur et âme » (« Sources et ressources » à Trièves) qui s’appuient sur des thérapeutes et des coachs pour donner du baume au cœur des engagés

La mise en œuvre dans un esprit de coopération de multiples solutions pratiques a pour corollaire de renforcer la cohésion sociale qui règne dans la communauté locale. Liée à l’essor des réalisations et à la diffusion de compétences techniques dans la population, cette cohésion est une composante essentielle de la résilience. Elle constitue la colle capable de souder le collectif face à l’adversité.

Difficultés

  • Le mouvement peine à rallier à lui les milieux populaires (idem les causes écologiques)
  • La lourdeur de la tâche, le contexte général défavorable et le niveau d’implication nécessaire pour animer une initiative représente un risque très réel d’épuisement pour ses principaux artisans.
Points positifs
 
  • Intérêt de célébrer chaque fois qu’une action positive est réalisée ; nourri le fait que le changement est ressourçant, positif, un mouvement historique (vous serez fiers de pouvoir dire que vous y avez participé !). Peut être renforcé par des signes de reconnaissance de certaines qualités clé que nous souhaitons voir dans le mouvement (ex : remise de mérites)
  • Il y a aussi et surtout une chance à saisir, une opportunité à ne pas rater, et même un défi exaltant à relever
Résumé de l’article “mouvement en transition” apparu dans la Revue durable n°38 – juin-août 2010